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Introduction​

Le cycle de 2020 des recensements de la population et des logements (RGPL) en Afrique a marqué un tournant décisif, caractérisé par le passage des méthodes traditionnelles de recensement sur papier aux méthodes numériques. Cette transition a permis des améliorations significatives sur le plan de la qualité des données, de la rapidité et de l'efficacité opérationnelle. Toutefois, elle a également engendré de nouveaux défis, notamment dans les domaines des infrastructures, de la formation, de la sécurité des données et de l'intégration des systèmes. Le présent chapitre analyse l'évolution de la saisie, de la transmission et de la gestion des données à l'ère numérique, en s'appuyant sur l'expérience pratique des pays ayant mis en œuvre des recensements numériques.

Comparaison entre la saisie, la transmission et la gestion des données à l'ère non numérique et à l'ère numérique​

À l'ère non numérique, les données du recensement étaient collectées au moyen de questionnaires papier. Les agents recenseurs consignaient manuellement les réponses, lesquelles étaient ensuite acheminées physiquement vers des centres de traitement centraux. La saisie des données était fastidieuse et sujette à erreurs, et l'ensemble du processus, de la collecte à la diffusion, pouvait prendre plusieurs mois. Les préoccupations en matière de sécurité étaient également accrues en raison du transport physique et du stockage de documents sensibles. Les documents, par nature fragiles, risquaient d'être endommagés pendant le transport, tandis que la saisie manuelle des données entraînait souvent des retards et des inexactitudes.

En revanche, les recensements numériques utilisent des appareils électroniques tels que des tablettes et des téléphones intelligents pour saisir les données directement sur le terrain. Cette approche supprime la nécessité de la saisie manuelle des données et permet une validation et une transmission en temps réel. L'intégration d'outils SIG et de tableaux de bord permet un suivi et un contrôle qualité plus efficaces. Si les méthodes numériques rationalisent les opérations et réduisent le temps de traitement, elles nécessitent une infrastructure TIC robuste et une planification minutieuse pour garantir l'intégrité et la sécurité des données.

Considérations relatives à la saisie, à la transmission et à la gestion des données dans un recensement numérique​

La transition vers un recensement numérique implique une série de décisions stratégiques. L'une des premières considérations porte sur le choix des appareils de collecte de données. Certains pays ont choisi d'acheter des tablettes, tandis que d'autres les ont empruntées ou ont mis en place des programmes BYOD (Bring Your Own Device, ou « Apportez votre propre appareil »). Chaque approche a des implications en termes de coûts et de logistique, notamment en ce qui concerne la normalisation et la maintenance des appareils.

Au cours du cycle de 2020, selon l'enquête réalisée lors de la réunion du groupe d'experts des responsables des recensements africains de 2024, la majorité (83 %) des organismes chargés de la mise en œuvre du recensement ont acheté des appareils portables. Toutefois, certains organismes (9 %) ont pu emprunter des appareils, et les autres ont eu recours à la fois à l'achat et à l'emprunt. Pour les pays ayant répondu à l'enquête, un peu plus de la moitié des coûts ont été affectés aux opérations de terrain, notamment le matériel et les logiciels utilisés, ainsi que la rémunération et la formation du personnel de terrain. Par conséquent, l'emprunt d'appareils ou la mise en place de programmes permettant aux agents d'utiliser leurs propres appareils, comme certains pays l'ont expérimenté, pourrait constituer un moyen novateur de réduire les coûts du recensement. Il convient de noter que si les agents de terrain utilisent leurs propres appareils, cette approche peut offrir des avantages financiers, mais la sécurité et la confidentialité doivent rester prioritaires. En outre, toute technologie adoptée doit être testée de manière approfondie au cours des différentes phases d'essai, afin que les ajustements nécessaires puissent être effectués avant le recensement principal.

Une autre décision clé concerne la méthode de recensement. Les pays doivent déterminer s'ils souhaitent recourir aux entretiens individuels assistés par ordinateur (CAPI), aux entretiens web assistés par ordinateur (CAWI), aux entretiens téléphoniques assistés par ordinateur (CATI) ou à une combinaison de ces méthodes. Ce choix dépend de facteurs tels que la couverture Internet, le niveau de maîtrise du numérique par la population et la complexité du questionnaire.

La connectivité constitue un autre facteur essentiel. Dans les zones où l'accès à Internet est limité ou peu fiable, des méthodes de transmission alternatives, telles que la synchronisation Bluetooth entre les agents recenseurs et les superviseurs, doivent être envisagées. La sécurité des données doit également constituer une priorité : le chiffrement, les contrôles d'accès et les solutions de stockage sécurisé doivent faire partie intégrante de la stratégie globale en matière de technologies de l'information et de la communication (TIC).