UN Banner
Aller au contenu principal

Introduction​

La réalisation d'un recensement de la population et des logements (RPL) fait intervenir des processus complexes et interdépendants qui nécessitent une planification adéquate et opportune. La planification du recensement doit par conséquent viser à:

  1. expliciter les liens et les interdépendances entre les différentes composantes du cycle de recensement;
  2. garantir que chaque phase dispose des ressources techniques, logistiques et administratives appropriées;
  3. garantir que les produits de chaque phase constituent un apport essentiel pour toutes les phases suivantes.

La réalisation d'un recensement de la population et des logements constitue généralement l'activité statistique la plus importante et la plus coûteuse entreprise par les gouvernements et leurs offices nationaux de statistique (ONS). Il est recommandé que l'ensemble des opérations de recensement, y compris la planification, la cartographie, le dénombrement, le traitement, l'analyse et la diffusion, soient budgétisées dès le départ et que des efforts soient déployés afin de mobiliser les fonds nécessaires. Le processus d'élaboration du budget commence lors de l'élaboration de la proposition de projet de recensement.

Compte tenu de l'ampleur et de la diversité d'un recensement numérique, il est souhaitable de disposer de plusieurs mécanismes formels afin de renforcer la coordination, tels que des comités consultatifs multisectoriels, permettant de mobiliser et d'accéder à différents niveaux d'expertise et d'expérience. Parmi les pratiques recommandées figurent la création d'un secrétariat du recensement doté d'un coordinateur national désigné, la formation de comités aux niveaux national et infranational, ainsi que la mise en place d'un comité directeur et d'un comité technique (qui devraient comporter des sous-comités plus spécifiques).

La qualité et la rapidité de production des données du recensement sont fortement influencées par le processus de planification. Par conséquent, la planification du recensement doit s'appuyer sur des considérations techniques solides, lesquelles comprennent l'élaboration de propositions, de budgets, de plans de travail, la création de comités, la mobilisation de ressources ainsi que la mise en place de l'ensemble des processus juridiques et logistiques.

La planification du recensement doit être guidée par les Principes et recommandations des Nations Unies (P&R de l'ONU, rév. 4), les Principes fondamentaux de la statistique officielle de la Division de statistique des Nations Unies, ainsi que par la législation statistique nationale et le code de déontologie national des statistiques.

Planification et gestion du recensement à l'ère non numérique par rapport à l'ère numérique​

L'évolution de l'ère non numérique vers l'ère numérique a profondément transformé l'ensemble des aspects de la planification et de la gestion du recensement, faisant passer un exercice lent et fastidieux à une entreprise nationale dynamique et riche en données. À l'ère non numérique, la planification du recensement était à long terme, rigide et axée sur la logistique papier; à l'ère numérique, elle s'avère plus agile et centrée sur la technologie, les logiciels et la sécurité des données.

La planification du recensement à l'ère non numérique ne tenait pas compte de nombreux détails techniques et présentait par conséquent des risques différents lors de la collecte des données. L'ère numérique introduit des risques techniques spécifiques tels que la cybersécurité et les défaillances logicielles (voir P&R de l'ONU, rév. 4, para. 2.99). La réalisation d'un recensement numérique nécessite une réflexion plus approfondie sur les besoins technologiques et les plans d'acquisition qui en découlent. Dans le cadre d'un recensement numérique, il est essentiel de planifier suffisamment en amont les activités liées à la collecte de données numériques, telles que la formation, l'élaboration d'applications, la spécification des technologies, les tests et les achats, qui sont souvent requis plus tôt dans le cycle de recensement.

L'un des défis de l'ère non numérique résidait dans les coûts élevés et récurrents liés au papier, les erreurs de saisie des données, les longs délais, la perte de formulaires, entre autres, tandis que l'ère numérique est confrontée à des coûts initiaux élevés liés à la technologie, au besoin de compétences en technologies de l'information, aux problèmes de connectivité et à la sécurité des données.

Considérations relatives à la planification du recensement à l'ère numérique​

Lors de la planification de chaque phase d'un recensement numérique, les éléments suivants doivent être pris en considération. Ceux-ci constituent les prérequis à la mise en œuvre du e-recensement/recensement numérique:

  • Cadre juridique – Des dispositions institutionnelles solides doivent être en place afin de garantir la qualité des données, notamment en veillant à ce que la législation statistique soit promulguée conformément aux Principes fondamentaux de la statistique officielle. Le recensement de la population et des logements doit être légalement autorisé et l'organisme chargé de la mise en œuvre doit se voir conférer l'autorité légale (par exemple, par voie législative) relative à la planification, à l'organisation et à la mise en œuvre des opérations de recensement. Le processus de mise en œuvre du cadre juridique doit être clairement compris et intégré dans la planification du recensement. L'ONS doit mettre en œuvre une planification à long terme des opérations statistiques incluant la réalisation du recensement.

  • Engagement financier – Des systèmes institutionnels solides doivent être en place afin de garantir que les systèmes statistiques disposent de financements et de personnels suffisants. L'engagement du gouvernement quant au niveau de financement doit être obtenu suffisamment en amont dans le cycle afin que les autres aspects du plan de recensement puissent se dérouler sans heurt. Ces engagements doivent faire l'objet d'un suivi afin de confirmer leur disponibilité au moment requis, en particulier concernant les phases les plus coûteuses de cartographie et de dénombrement.

  • Appui logistique – Le plan doit recenser la disponibilité des structures d'appui existantes auprès du gouvernement, du secteur privé et des partenaires au développement afin d'éclairer le processus de planification. Les services peuvent être fournis en nature ou à un tarif subventionné, ce qui doit être connu en amont.

  • Analyse des parties prenantes – L'identification des parties prenantes constitue un point de départ essentiel pour déterminer les interdépendances lors de la planification du recensement. Les parties prenantes au stade de la planification doivent être identifiées parmi: le programme de recensement, l'agence statistique, les parties prenantes externes au sein du pays, les parties prenantes à l'extérieur du pays ainsi que la communauté dans son ensemble. Des dispositions institutionnelles solides doivent être en place afin de garantir l'appui et la coordination entre les parties prenantes du recensement et l'ONS.

  • Besoins des utilisateurs et qualité – Le processus d'élaboration implique la participation des principaux utilisateurs afin de garantir que les besoins des utilisateurs de données sont soigneusement pris en compte s'agissant du contenu du questionnaire du recensement, de l'utilisation des données (définissant les produits) ainsi que de la qualité des informations requises. Cette démarche doit permettre de hiérarchiser les besoins des utilisateurs (étant entendu que tous les besoins ne peuvent être satisfaits) et d'élaborer un plan de gestion de la qualité relatif au recensement, tenant soigneusement compte des besoins des utilisateurs des données.

  • L'identification des zones administratives et géographiques pour lesquelles les données du recensement seront communiquées et diffusées constitue l'une des premières décisions à prendre dans la planification du recensement, en raison de ses implications en termes de délais et de coûts. Lorsque les données ne sont pas requises au niveau de détail le plus fin, d'autres sources/méthodologies statistiques plus économiques doivent être adoptées.

  • Composantes du plan – Pour chaque phase du plan, les éléments suivants doivent être mûrement réfléchis et documentés: objectifs, activités, tâches, jalons et plan de gestion des risques. Un plan de gestion de la qualité doit également être élaboré afin de garantir que les données finales sont adaptées à l'usage prévu.

  • Plan de suivi – Un plan de suivi des plans du projet de recensement et de gestion des flux d'informations constitue un élément important de la planification du recensement. Il est conseillé d'élaborer un diagramme de Gantt présentant les calendriers intégrés, les jalons clés et les opérations de production. Une boucle de rétroaction doit être mise en place afin de comparer les résultats réels au plan et d'évaluer l'incidence de tout écart par rapport aux dates et aux coûts cibles. Les éléments les plus importants à suivre sont les suivants: le calendrier de réalisation d'une tâche, l'utilisation des ressources par tâche, le coût par tâche et les jalons atteints. Le plan doit mettre en évidence les éléments à examiner ainsi que les mécanismes de compte rendu.

  • Renforcement des capacités – Toute formation requise à n'importe quelle phase doit être dispensée suffisamment en amont afin que les personnes qui en bénéficient puissent jouer un rôle actif dans la planification et les opérations du recensement. Un recensement numérique nécessite des compétences et des ressources différentes de celles requises pour un recensement traditionnel sur papier. Cette démarche doit également inclure l'apprentissage entre pairs et la collaboration entre ONS.

  • Utilisation de la technologie – L'ensemble des spécifications technologiques à utiliser doivent être convenues en principe, car elles ont une incidence sur toutes les phases du plan de recensement et doivent faire partie intégrante du processus de planification.

  • Externalisation – La nécessité d'externaliser certains services doit faire partie intégrante du plan, et les décisions relatives à l'externalisation doivent éclairer le plan.

  • Lors de la création des comités de mise en œuvre, les considérations suivantes doivent être prises en compte:

    • Les comités doivent avoir des responsabilités et des rôles clairement définis en matière de conseil sur les questions stratégiques ou techniques et ne doivent pas seulement être associés aux phases de planification et de préparation, mais également aux phases opérationnelles.
    • Les membres doivent disposer d'une expertise technique suffisante et d'une bonne compréhension des technologies numériques afin d'éclairer les décisions technologiques.
    • Ils doivent être créés suffisamment en amont pour pouvoir fournir des conseils au moment opportun.
    • Outre les comités nationaux, il convient d'envisager la création de comités régionaux susceptibles de contribuer aux activités de mise en œuvre et de mobiliser les connaissances et les réseaux locaux.